Stoul/Boogie Woogie Sister n°3 (détail) - Alesko/Octotrap (détail)
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vendredi 6 août 2010

Lettre ouverte d'un sans galerie fixe à...

Je voudrais à travers cette lettre te faire part de l’expérience artistique inoubliable à laquelle j’ai eu la chance d’être confronté le mois dernier au Musée Départemental de Beauvais, bien que confronté le mot soit faible puisqu’un choc frontal sans airbag et sans ceinture à 200 sur l’autoroute soit certainement moins brutal.
Cette lettre s’adresse à toi, ersatz d’artiste de mes deux, toi dont j’ai fort heureusement déjà oublié le nom (sois sûr que sans cette lacune je l’aurais volontiers mentionné) en espérant de tout cœur que la postérité sera frappée en ce qui te concerne de la maladie d’Alzheimer.
Lors de cette expo collective dont les têtes d’affiches s’appelaient encore une fois Boltanski et Messager auxquels j’espérais par ailleurs enfin échapper en visitant une expo non parisienne, tu as eu l’idée géniââââle, inédite, révolutionnaire, les mots me manquent, d’exposer tendus sur un banal filet une quinzaine de slips – propres, c’est la seule circonstance atténuante que l’on puisse t’accorder – aux côtés des œuvres des illustres représentants français de l’art comptant pour rien sur la scène internationale.
Tes slips immaculés sont, je le déplore encore une fois, hélas représentatifs du néant créatif de la scène artistique française (trop) visible qui se borne depuis Duchamp à la singerie pure et simple de celui qui osa LE PREMIER exposer un objet courant dans un évènement artistique d’envergure.
Face à la nullité ambiante des artistes sur-médiatisés qui ne font parler d’eux que par la controverse qu’ils suscitent (c’est d’ailleurs plus ou moins ce que je suis en train de faire), je préfère modestement exposer et vendre mes 11 « petits artistes » qui se démènent pour essayer de créer quelque chose de beau.
Sur ce, monsieur l’imposteur, je te prie de bien vouloir agréer en l’expression de ma plus profonde aversion à ton égard.


Nicolas Rousseau


PS Embrasse de ma part le ou la commissaire d’expo qui n’a pas pris la peine de justifier par un habituel bla-bla philosophico artistique ennuyeux la vacuité de ta démarche.

mardi 2 mars 2010

Cinq idées reçues à propos de l’art contemporain (3/5) : l’art contemporain, c’est incompréhensible



Pour celui ou celle qui n’a jamais mis les pieds dans une exposition d’art contemporain et qui découvre une œuvre de Damien Hirst ou Jeff Koons (les deux artistes vivants les plus chers), la visite peut s’avérer un peu déroutante, entre la demi-vache plongée dans du formol et le homard géant suspendu dans la chambre du roi à Versailles, il faut bien « quelques explications ».
Mais qu’est-ce qui fait de ces installations des œuvres d’art au fond ? N’est-ce pas tout simplement le côté provoc’ et incongru de leur espace d’exposition, ou les riches et célèbres mécènes qui financent ces projets bling-bling. Concernant Koons, son droit d’entrée à Versailles n’a rien d’un hasard : l’ancien ministre de la culture et aujourd’hui président du château de Versailles est un proche de François Pinault, lui-même admirateur et collectionneur de Koons, c’est pratique les relations... Un homard dans la chambre royale c’est au mieux amusant, mais ça n’a aucun sens ni aucun rapport avec le lieu d’exposition... est-il seulement nécessaire d’apporter un début d’explication ?
Le débat enflammé qui en résulte amène davantage de visiteurs que les œuvres elles-mêmes (Cf. Koons, Boltanski pour ne citer qu’eux). L’incompréhension suscitée par ces expositions est entretenue par les professionnels qui gravitent autour de ces artistes, commissaires d’exposition, critiques d’art, qui propagent la bonne parole et entretiennent le dogme : l’art contemporain c’est beau, c’est bien, point.
Bien sûr, ces pontes pour la plupart sûrs de leur jugement ne laissent aucune place au doute ou à la controverse concernant la nature artistique des pièces exposées, préférant laisser les visiteurs dans une frustration confuse.
Et pour finir cet article, un petit exemple probant : « Long a façonné son image sur les idées de « dissémination » et de « parcours », concevant l’œuvre d’art comme une prise de possession d’un espace existentiel grâce au modèle géométrique de la rationalité. »
Guide de l’art, Solar.

100 euros à celui qui nous aidera à comprendre !!!

mercredi 10 février 2010

Boltanski ou l'art du chiffon

Son exposition « Monumenta 2010 : Personnes » au Grand Palais fait jaser…70 000 personnes sont déjà venues admirer des piles de vêtements censées symboliser les camps nazis et leur ambiance morbide. Il a investi 13.000 m2 et éteint le chauffage pour rendre l’angoisse plus réaliste. L’article d’Yves Jaeglé dans le Parisien du 5 février, mentionne quelques commentaires d’élèves de CM2 qui résument bien l’incompréhension d’une certaine partie du public : « Très joli le tas de linge sale » ou encore « mince ils ont dû dévaliser tous les Emmaüs alentour ».
Cela fait bientôt 100 ans que Duchamp a poussé l’impertinence jusqu’à exposer un urinoir, posant une question toujours d’actualité : est-ce de l’art du fait de la seule volonté de l’artiste ? L’art officiel sans chercher plus loin, s’est empressé de détourner cette question en affirmation (C’est de l’art !) : faisons-le donc entrer dans nos musées…sacré Marcel !!! Du coup, les œuvres contemporaines doivent être intellectualisées, expliquées, replacées dans leur contexte, investir l’espace…une fois ces démarches effectuées (à la portée d’un gamin de 5 ans), peut être aurez-vous la révélation…c’est de l’Art avec un grand AAAAAAHHH.
Plus généralement, l’art contemporain institutionnel a divisé en deux les sentiments à son égard : d’une part ceux qui comprennent (ou font semblant pour avoir l’air dans le coup !) et qui encensent (commissaires d’expo, journaux spécialisés, critiques d’art etc.) et d’autre part ceux qui ne comprennent pas et qui par peur de passer pour des cons ou des incultes n’osent pas s’exprimer. Les premiers forts de leur arrogance essaient de justifier la démarche de l’immense artiste hexagonal à grands renforts d’une armée de 35 « pédagogues » chargés d’éduquer les masses infantilisées. Les seconds qui croient encore naïvement que l’art doit passer par la beauté plastique d’une œuvre restent – au mieux – perplexes. A force de placer l’art contemporain sur un piédestal, on lui enlève toute spontanéité : après une phase d’apprentissage, vous serez a même de ressentir une émotion (!) au contact de l’art contemporain…si vous n’en avez pas, vous êtes insensible…ou attardé.