Stoul/Boogie Woogie Sister n°3 (détail) - Alesko/Octotrap (détail)
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jeudi 3 juin 2010

A la mémoire de l’artiste inconnu

On ne m’enlèvera pas de l’idée qu’il existe quelque part un(e) artiste dont le travail n’est pas (re)connu et qu’on découvrira seulement dans quelques décennies. Au même titre que les œuvres de Vermeer ont commencé à faire l’objet d’articles dans la presse artistique (il est vrai peu diffusée en 1866) près de deux cents ans après sa mort, et furent exposées au public dans le cadre d’une exposition personnelle en 1935 seulement, pourquoi le marché de l’art, avec son cynisme habituel a-t-il attendu si longtemps avant de le consacrer au Panthéon des artistes trop tard reconnus ? Si encore, Vermeer était le seul...Combien d’œuvres présentées dans nos musées ont été acquises du vivant du peintre ? Je ne parle pas des œuvres offertes gracieusement aux musées par les galeries et collectionneurs pour faire grimper artificiellement la cote de leurs protégés et qui finiront dans les réserves faute de place en attendant qu’il passe l’arme à gauche mais de celles acquises en dehors de tout copinage et de relation intéressée.

Bien sûr, au XVIIème siècle pour faire connaître son travail, c’était beaucoup plus compliqué qu’à l’époque du tout numérique et d’Internet. Les différentes plates-formes présentes sur le net permettent à tout artiste débutant ou confirmé de faire connaître son travail là où Vermeer était quasiment inconnu à l’extérieur de Delft. Bien sûr, la variété de « l’offre artistique » rend la démarche plus difficile pour le dénicheur de talent qui doit passer par une phase de sélection pointue obligatoire. D’autre part, le cas de Vermeer est un peu particulier dans le sens où le maître de Delft serait l’auteur de seulement 45 œuvres, dont 35 ont encore été conservées. Sa faible production n’a certes pas aidé à regrouper ses œuvres pour monter une expo…mais sa rareté fait aussi partie de son mythe.

lundi 12 avril 2010

Cinq idées reçues à propos de l’art contemporain (4/5) : L’art contemporain on peut le faire soi-même

N’en déplaise à ses détracteurs, l’art contemporain n’est pas un passe-temps auquel vous pouvez vous consacrer entre midi et deux...enfin si, vous pouvez, mais de là à l’exposer et à en vivre il y a un monde. Pour ceux qui pensent que l’abstrait est à la portée de n’importe qui et que Picasso peignait comme un enfant de dix ans, l’art contemporain est une vaste supercherie, à les entendre, ils seraient capables de pondre des chefs d’œuvre à l’identique.En dehors du fait que copier c’est pas bien vu qu’on l’a (paraît-il) appris à l’école, ces grandes bouches, pour peu qu’on leur propose un châssis, des couleurs et des pinceaux se ravisent en général assez vite. Non, on ne s’improvise pas artiste du jour au lendemain et pour ceux qui se risqueraient à barbouiller dans le goût de... ; entre accrocher le résultat de votre fanfaronnade au dessus du buffet du salon et confronter votre croûte au regard du public dans une exposition personnelle ou collective, il y a un monde. Car, c’est bien de ça qu’il s’agit, le fait d’oser, l’outrecuidance, et là, la plupart du temps chez nos pseudos artistes, y a plus personne.
Si l'art contemporain tombe parfois dans le canular pur et simple, ce n'est que par les démarches d'artistes suiveurs lointains de M.Duchamp et qui se sont taillés un créneau porteur : le détournement d'objets du quotidien dont "l'artiste" n'est pas le créateur mais que son statut d'artiste l'autorise à dénommer "oeuvre d'art".
Revenons à nos artistes en herbe : ce n'est pas la peine de s'inscrire dans la même démarche que ces farceurs en venant grossir les rangs des artistes auto-proclamés. En vous inspirant de ces imposteurs, et quand bien même vous auriez réussi à franchir l'étape de la conception (en général, il y en a une, même très minime), la démarche n’aurait plus rien de personnel...
Autant vous ne vous privez pas de collectionner les dessins de vos rejetons, abstenez vous de vous essayer au ripolinage juste pour vous prouver à vous même qu'un artiste jusque là ignoré - à juste titre - sommeillait en vous.