Stoul/Boogie Woogie Sister n°3 (détail) - Alesko/Octotrap (détail)

jeudi 17 février 2011

Tout nouveau, tout beau

Pour les fans de la première heure et les groupies familiales qui suivent notre actu avec assiduité notre ancien site beurk deviendra dans les semaines qui viennent un nouveau site aaaaah. Plus propre, plus pro, plus clair avec un espace virtuel qui permettra de visualiser les œuvres telles quelles. Vous y retrouverez notre actu (chargée), nos artistes adorés, et le reste dans un graphisme new look.
L’adresse n’a pas changé, vous pouvez d’ores et déjà aller y faire un tour, bien qu’il soit encore loin d’être terminé : www.urban-art-avenue.fr
Sinon, en avant première moooondiale, l’expo qui se tiendra à la Galerie Pfennigsdorf située à Pigalle (à deux pas du Sexodrome pour les pervers !) du 25 Mai au 1er Juin sera dédiée à notre nouvel arrivant : Hubert Hamot aka Numartis et s’intitulera :
(roulement de tambour)
New York 2.0
A très vite pour de nouvelles aventures palpitantes.

mercredi 16 février 2011

Tagada Tsoin Tsoin

...Et si l’art n’était qu’une farce ? L’idée est loin d’être novatrice et pour tout dire elle a déjà été exploitée par de nombreux farceurs dont le plus connu est Marcel Duchamp, le plus connu certes mais pas le premier.
Déjà dans l’idée avait germé dans la tête d’Alphonse Allais et de quelques autres de créer un Salon des Arts Incohérents placé sous le signe de la farce justement afin de briser la morosité ambiante de la fin du 19ème siècle et de s’en payer une bonne tranche. Largement oublié de la plupart des théoriciens et enseignants du marché de l’art empêtrés dans leurs définitions d’avant-garde et de Post-avant-garde (c’est ce qui vient après l’avant-garde : la Garde donc), et appliqués à placer les courants artistiques dans des cases comme des CD à la FNAC, ils ont injustement omis que l’invention de l’abstrait et par la même occasion du monochrome était dû à Alphonse Allais et à personne d’autre (enfin à ma connaissance). En effet : trop occupés à dicter leurs dogmes vaseux et démonstrations alambiquées dans le seul but de justifier leur statut de haute autorité en la matière, ils ont cherché à faire gober que le « Carré blanc sur fond blanc » de Malevitch était le premier monochrome de l’histoire de l’art (1918).
Seulement en 1883, lors de la première exposition officielle des Arts Incohérents, Allais présentait « Récolte de la Tomate par des cardinaux apoplectiques au bord de la Mer rouge » soit un monochrome rouge suivi en 1893 par la « Première communion de jeunes filles chlorotiques par temps de neige », soit...la même en blanc. Pourquoi n’a-t-il pas sa place dans la plupart des bouquins consacrés à l’histoire de l’art ? Parce que certains ont décrété que les œuvres d’Allais (et Allais lui-même) étaient empreintes du sceau de la dérision et que s’il est un domaine dans lequel la dérision est verboten c’est bien celui de l’art. Cependant c’est aller un peu vite en besogne, puisque Duchamp, Dada & co avaient la même approche, l’Art peut aussi ne pas se regarder pas sous un angle sérieux.
Il me vient une anecdote dont je fus le témoin consterné : il y a de ça quelques années, un immense critique d’art (Philippe Piguet pour ne pas le nommer) devant une œuvre de Carl André constituée d’une vingtaine de dalles de cuivre juxtaposées sur le sol assez semblables à celles exposées dans votre salle de bain (peut être pas en cuivre mais tout de même) rendait un verdict ferme et sans appel : « Ceci est incontestablement une sculpture ». Ainsi en a décidé l’artiste investi de la parole divine, repris en chœur par le critique qui en dehors du fait qu’il ne critique pas grand chose et que justement cela soit contestable érige l’œuvre d’art en affirmation : l’art c’est nécessairement sérieux et affaire de professionnels, après tout une affirmation d’un artiste est aussitôt considérée par le microcosme de l’Art comme du pain béni.
Sur ce, je m’en vais aux toilettes admirer les monochromes roses de Moltonel et la sculpture exposée sur le sol...l’entrée est à 15 euros.

mardi 1 février 2011

Serial brainwasher

Si vous êtes amateur d'art ou non et que vous n'avez pas encore vu « Exit through the Gift Shop » (traduit librement et maladroitement en Faites le Mur), courez-y ! Ce film retrace l'ascension d'un petit frenchy installé à LA qui de marchand de fringues est passé au statut d'icône du street art.

Voici le mode d'emploi très simple :

  • trouvez vous quelques street artistes reconnus qui vont enseigneront les bases (ici Shepard Fairey et Banksy)

  • Hypothèquez votre maison

  • Embauchez une armée d'assistants graphistes qui font le boulot à votre place (Toute référence à Jeff Koons semblerait ici évidente)

  • Faites un foin phénoménal, en vous servant de vos cautions artistiques pour rameuter les moutons avides de nouvelles tendances (qui n'ont rien de nouveau)

  • Montez une expo gigantesque, si possible à Hollywood dans d'anciens studios désaffectés

    Et le tour est joué ! Facile ? Un peu trop !!


Si la mise en parallèle des deux personnages que sont Banksy et Brainwash, le film tend logiquement à prendre parti pour le premier qui a en quelque sorte « crée » le second à l'image de Frankenstein. Quand Brainwash a la tête gonflée à l'hélium, celle de Banksy demeure invariablement encapuchonnée ou floutée. Quand l'art de Banksy se porte vers des sujets contestataires (un des piliers du street art), celui de Brainwash est empreint de marketing et pille allègrement Warhol en tout en vidant le street art de sa substance. Quand Brainwash se prend manifestement au sérieux, Banksy manie l'humour noir à bon escient dans ses oeuvres.

Mais le trait est gros et le personnage de Brainwash tellement caricatural qu'on en vient à se demander s'il n'est pas simplement un jouet de Banksy crée afin de dénoncer les travers du marché de l'art, et ceux qui se posent cette question sont nombreux.

La question se pose en effet et non seulement se pose mais me hante, en tant que monstre du marché de l'art, n'ira t-on pas dire aux galeristes pas sages : « si tu finis pas ta soupe, Brainwash va venir accrocher dans ta galerie » ?

Maintenant certains éléments tendent à faire croire qu'il est effectivement ce que les grands collectionneurs pensent qu'il est : un artiste tendance. Après tout, que lui reproche t-on au juste ? De faire de l'art à l'américaine ? De vendre de l'art comme on vend des fringues ? Quand on achète des fripes une misère et qu'on les revend en tant que vêtement de créateur, comme c'est le cas de Thierry Guetta (son vrai nom), on est bien en mesure de faire passer des vessies pour des lanternes, non ? Il nous paraît étonnant voire aberrant à nous européens que l'on puisse faire de l'art en dirigeant une entreprise simplement en sélectionnant les œuvres des personnes qui font le boulot à notre place. Mais n'est-ce pas ce que fait (faire) Jeff Koons dont les œuvres s'arrachent au prix de la tonne de caviar et dont les collectionneurs s'enorgueillissent d'en posséder une ?

Or le fait que les collectionneurs se jettent sur ses œuvres comme un émir du Golfe sur un club de foot n'est il pas un diktat en matière de goût ? Après tout ils ont du pognon, ils ne peuvent pas se planter !!

Andy Warhol n'a t-il pas dit : « Gagner de l'argent est un art, travailler est un art et faire de bonnes affaires est le plus bel art qui soit » ? (parole d'évangile) Et est-ce un hasard si justement les œuvres de Brainwash font constamment référence à Warhol ? Avoir la fibre commerciale, n'est pas nécessairement incompatible avec un talent artistique reconnu ni avec une mégalomanie avérée d'ailleurs : Salvador Dali en est le meilleur exemple.

Alors Brainwash, nouvelle icône de l'art contemporain ou réel imposteur ? Le film repose sur cette ambigüité et chacun peut se faire sa propre opinion du personnage. Après tout comme le dit Shepard Fairey dans le film : « Et si l'art n'était qu'une farce ?»

mardi 25 janvier 2011

Hubert Hamot...ou le pop art new-age


Pour les afficionados de notre site (par ailleurs en pleine réfection), vous pourrez découvrir très prochainement, les oeuvres numériques de Hubert Hamot. Jouant avec les symboles de la culture pop, il s'attache à les accumuler en les superposant pour arriver à des compositions extrêmement riches. A tel point que ses oeuvres numériques recèlent des détails insoupçonnés et offrent des niveaux de lectures différents.

Reprenant la traditionnelle ambigüité du pop art - entre dénonciation et célébration - Hubert s'empare des icônes de la société de consommation pour en faire des oeuvres minutieuses aux confins de l'abstraction. Au premier regard (lointain), vous êtes d'abord frappé par l'éclat des dominances chromatiques, rouges ou bleues la plupart du temps. Puis, lorsque vous vous en approchez (allez-y, ça mord pas), on est happés par le fourmillement de détails et la multitude de personnages ou objets dont ses oeuvres regorgent : prenez une pincée de Times Square, un zeste de star-wars, un soupçon de persos Disney, une larme de super-héros, et quelques grandes enseignes de l'oncle Sam...et vous êtes encore loin du compte.

Retrouvez très prochainement ses oeuvres tirées sur Dibond en 12 exemplaires numérotés et contresignées de sa main, en exclusivité sur notre site www.urban-art-avenue.fr.

lundi 17 janvier 2011

Pablo et Leonard sont dans un musée, le musée brûle, qu'est ce qui reste ?




Un indice : ce n'est pas pince moi...

La question est saugrenue mais pertinente et fait l'objet d'un article du Monde. Dans l'hypothèse où un musée serait ravagé par les flammes, et qu'ils avaient la possibilité de ne sauver qu'une seule oeuvre, laquelle choisiraient les directeurs de musées et pourquoi...

Intéressantes, les réponses à cette question toute candide embarassent les pontes de la culture et des arts. Un premier (curieusement non nommé) s'étouffe : « encore une question idiote de journaliste ! ». Or, si la notion d'idiotie s'applique en effet à certaines questions du genre : « Vous êtes content(e) d'avoir gagné ?», celle-là présente le mérite de ne pas enfoncer de porte ouverte.

Parmi les interviewés, nombreux sont ceux qui refusent de croire à une telle éventualité, il est vrai, hautement improbable. Encore que, le Parlement de Bretagne n'a t-il pas brûlé il y a quelques années alors qu'il abritait 15 objets classés au titre de monuments historiques ?

Bref, ce n'est finalement qu'un chemin détourné pour demander aux responsables des institutions culturelles ou scientifique quelle est leur oeuvre préférée dans leur collection.

Voici donc les résultats :

  • Musée Grévin : joker. Il est vrai que la cire brûle mal mais fond bien.

  • Musée Carnavalet : on sauve tout, on perd rien, on fait la chaîne avec des seaux...Le directeur n'étant pas seulement calé en histoire de Paris mais aussi en langue de bois.

  • Muséum d'histoire naturelle : le Dodo de l'île Maurice (espèce disparue)

  • Musée de la Marine : l'ornement qui décorait la poupe de la Réale, un bateau du XVIIIème siècle.

  • Musée Rodin : ni le Penseur, ni le Baiser encore moins la Porte de L'Enfer mais un exemplaire original des Fleurs du Mal illustré par Rodin. Les bronzes de Rodin n'étant pas des pièces uniques, il en resterait au moins une quelque part...

Enfin le Louvre : la Jo...euh non, puisque bien qu'étant en bois, il paraît qu'elle est fireproof.

Guillaume Faroult, l'un des commissaires de l'expo L'Antiquité rêvée sauverait Le Cauchemar de Füssli (voir ci-dessus) pour laquelle il a un coup de coeur et prêtée temporairement au Louvre dans le cadre de cette exposition (jusqu'au 14 Février). Comme quoi, ce n'est pas si compliqué et en aucun cas scandaleux de manifester une préférence !!

mercredi 5 janvier 2011

Au menu en 2011

Nous profitons de cet espace d'expression pour souhaiter à nos rares lecteurs et trices une très bonne année 2011, pleine d'amour, de réussite et de succès.
Pour notre part, nos projets pour 2011 sont :
- passer au travers les épidémies de gastro et de grippe
- refonte totale du site internet d'ici le printemps
- une première exposition du 24 au 30 Mai, Galerie Pfenningsdorf
- une deuxième exposition du 27 Septembre au 3 Octobre, à la Boulangerie, Montmartre
Et bien d'autres...

mardi 14 décembre 2010

La provocation défraichie by Larry Clark

Je suis allée voir la fameuse exposition de Larry Clark, au Musée d’Art Moderne de Paris, celle dont tout le monde parle en raison de son interdiction par la mairie aux moins de 18 ans…
Attention les yeux !!
Sur place, peu de clichés, une impression d’expo un peu maigre et faite surtout pour être « cool ». Comme on si attend quand on connaît un peu le travail de Clark, une ambiance plutôt malsaine (des seringues, du sexe, des visages défigurés par la douleur), mais c’est le gros manque de contextualisation des photos qui se trouve être le plus gênant finalement.

Nous vivons dans une société ultra-érotisée, où les fesses sont partout, le sexe n’est donc plus vraiment une marque de provocation. Cette expo sent le réchauffé, le faux sulfureux et la provoc’ défraîchie, et ces photos ne choquent plus personne. La seule chose qui me trottait dans la tête pendant la visite de cette expo était « pourquoi »? Quel est le sens de tous ces clichés, où veut-il en venir? N’a t-il aucun autre intérêt que le glauque? N'a t-il rien d'autre à dire? Quelle est cette étrange obsession?
Les photos appartiennent à une série représentant des membres de la jeunesse paumée de la ville de Tulsa (Oklahoma), aux Etats-Unis, dans les années 60-70. Clark ne fait que saisir une réalité très crue.
Sur Europe 1, Guy Carlier comparait cette exposition à l’Origine du monde de Courbet. La bonne blague !! Comparer Clark à Courbet, déjà, c'est fort, mais surtout, Courbet a révolutionné l'histoire de l'art et a fait bouger les mentalités sclérosées de son époque en représentant un sexe féminin, quand Clark montre une femme enceinte en train de se piquer, des partouzes et des adolescents en train de découvrir leurs corps...
A l’époque où il prend ces photos, Clark a une vingtaine d’années. Qu’est-ce qu’il fabrique dans l’alcôve d’adolescents, à les prendre en photo dans leur intimité? Lorsque Le Monde lui pose la question, Larry Clark dément tout « désir » pour les sujets représentés, tout en reconnaissant que ces photos sont « dérangeantes ». Mais il relativise immédiatement : « l’art est dérangeant ». Mouais, ce qui est sûr c'est que Larry Clark a fait le tour de son "art" et n'a pas beaucoup évolué, hélas, il n'a plus grand chose à nous dire et c'est dommage.